Semis liberté
20 mars 2010 — jardinage urbain + urbanité

Après ce bel hiver bien glagla, voici venu le temps des semis. Foin des parterres tirés au cordeau, il est temps pour les plantes de s’évader des bacs à fleurs ! L’AHBAK et la CREP vous donnent rendez-vous samedi 20 mars à 11 heures, au jardin partagé de la place Sainte-Madeleine à la Krutenau. Graines en mains, nous irons cultiver la ville, rendre hommage, à coup d’herbes folles, à ses friches, ses failles, ses délaissés. Des plantations sauvages dans nos rues, d’où germera un cheminement collectif poético-végétal.

« Là où je sème, je me sens chez moi, parce que je connais ce bout de goudron ou cette fissure. Peu importe si ça pousse ou si ça ne reste que deux semaines, car je sais qu’ici, j’ai laissé ma trace et je n’y repasserai plus jamais en indifférent. »

Sème au vent des villes...

À 11 heures, nous présenterons les objectifs et les règles du jeu de ces semis liberté. Puis nous formerons des équipes et nous répartirons les zones à semer, avant d’essaimer... Auparavant, une carte de la Krutenau aura été remise à chaque équipe, pour repérer les coins de terre à ne pas manquer et y noter les semis effectués. N’oubliez pas votre « kit du semeur » : mini-pelle, fourchette et autre grelinette, étiquettes faites maison avec leur piquet, sac à crottes de chien, bouteilles remplies d’eau, seau de terre, etc. N’oubliez pas l’appareil photo ! À ceux qui n’auront pas tout le matériel, nous pourrons prêter quelque outillage, mais en quantité plutôt limitée.

Juste avant le départ, nous procéderons à la distribution des graines, et prodiguerons un petit cours sur comment et où les planter, ainsi que des explications sur le choix des espèces, des mauvaises herbes pourtant si utiles aux plantes locales menacées : mellifères pour les abeilles du presbytère de Sainte-Madeleine, aromatiques, médicinales ou mal aimées. Vous pouvez bien sûr amener vos propres semences. Voilà c’est parti ! Notre mission : planter au creux des murs, sur les trottoirs aux pavés disjoints ou au goudron déglingué, au pied des arbres, bref sur le moindre bout de terre qui n’aura pas encore été bétonné, voire sur la chaussée !

De retour des champs de bitume, chaque groupe narrera son équipée sauvage, prétendant mériter seul la palme de l’ensemencement urbain. Mais à n’en pas douter, cette matinée aura vu les exploits jardiniers pousser comme le chiendent, et chaque équipe devrait décrocher le jack-pot de fleurs... Ensuite, nous partagerons un casse-croûte ou une soupelette, en jabotant à côté des composteurs, ou en suivant l’une des visites guidées de l’expo-photo, suspendue entre deux arbres, sur des jardins partagés d’ailleurs, bigrement chouettes. Enfin, avis aux musiciens qui voudraient jouer la symphonie pastorale ou des chants de labour.

Ôde à la folie des plantes et des humains

À travers ces plantations poétiques et ludiques, nous voudrions que germent des liens entre les habitants, tels des rhizomes enracinés dans cette pousse de vie collective créée par le jardin partagé. Loin du romantisme béat pour une parodie de nature, il s’agit d’enfricher nous-mêmes, plutôt que de réclamer des espaces verts. Pour donner la place qui lui revient à la mauvaise graine, chez les plantes mais aussi chez les êtres humains. Pour changer notre regard, en nous baissant au ras des pâquerettes ou en levant les yeux plus haut que le bout de nos chaussures. Pour rendre hommage à la ville, à ses crevasses, sa décrépitude, ses boursouflures qui sont aussi les notres.

Le mot jardin dérive du mot germanique « Garten » qui signifie « enclos ». Les jardiniers s’évaderont donc de leur enclos vers la jungle urbaine. Ils iront à la conquête des rues adjacentes, pour construire un jardin en mouvement, qui étendra dans le quartier ses ramifications végétales et mentales. Des semis en liberté tout en spontanéité, celle de la végétation et celle de l’action humaine et collective. Cette action se déroule à la Krutenau car c’est, pour l’AHBAK, son quartier, son environnement. Mais, chez les jardiniers comme à la CREP, nous espérons que d’autres s’approprieront à leur tour l’idée pour que ce cheminement végétal et collectif ne cesse de croître.

Le jardin partagé Sainte-Madeleine

L’idée de ce jardin de quartier, imaginé par l’AHBAK et situé place Strass, entre l’église Sainte-Madeleine et le quai des Bâteliers, a germé peu avant les premières plantations l’année dernière. Depuis, elle a mûri et les projets foisonnent : vous les découvrirez auprès des jardiniers, toujours plus nombreux chaque semaine. Si avec l’hiver on n’y voit pas la queue d’un radis, le jardin est doté depuis peu de deux composteurs, ouverts tous les samedis de 11 heures à midi : épluchures, mais aussi sacs en papier marron, carton non traité, feuilles sèches, paille, et brindilles sont les bienvenus ; éviter les agrumes et trop de coquilles d’œufs ; surtout pas de viandes même crues, qui attirent de grosses bestioles. La terre obtenue servira à amender, dès l’automne prochain, celle du jardin partagé.

Sur cette parcelle de 285 mètres carrés, qui fait l’objet d’une convention avec la ville d’une durée de cinq ans, les jardiniers mettent l’accent sur l’origine locale des espèces ou leur adéquation avec notre climat, sur le respect du rythme des saisons. L’entretien se fait sans intrants chimiques et avec un apport en eau limité. La gestion du jardin, intégralement collective, tient compte de la fréquentation du lieu et veut favoriser l’éclosion de la richesse sociale et culturelle du quartier. En particulier grâce à l’« entraide jardinière » et l’observation de la nature : échange de conseils, de graines, semis expérimentaux, liens avec les autres jardins partagés de Strasbourg et du monde, respect de la (bio)diversité du monde et de ce(ux) qu’il est.


Affiche (format A3)
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Affiche (format A4)
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Tract collector non diffusé : c’est écrit trop petit pour le Pr AHBAK ?
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Flyer (format A5)
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« Quelques touches de vert par-ci par-là » (DNA du 3 juin 2009)
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Les produits en « -cide » sont faits pour tuer : le seul pesticide « propre », c’est celui qu’on n’utilise pas !
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« Bombes à fissures » par Trap & Muriel
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