Lettre à Mimir
31 mai 2010 — urbanité

La Maison Mimir est un tout nouveau lieu occupé, situé derrière les bains municipaux. Elle accueille tout le monde : celui qui cherche un toit, les qui veulent jouer du théâtre, celles qui ont besoin d’un local des ateliers d’éducation populaire, etc. Comme tout lieu réapproprié, Mimir risque l’expulsion : modeste lettre de soutien pour le procès de demain.

Salut Mimir !

Nous avons fait ta connaissance il y a peu. Nous c’est le Collectif de réappropriation de l’espace public, la CREP pour les copains. Nous t’avons rencontré à l’occasion d’une projection de films que nous avons organisée, un peu à la va-vite, et que tu as bien voulu accueillir dans tes murs. Comme ça, sur le pouce, sans questions ni formalités, simplement, les bras grands ouverts.

Chez toi nous avons trouvé des gens accueillants et enthousiastes, des canapés, du café, des palabres sous les ailantes de ta courette. Chez toi nous avons trouvé quelque chose de rare à Strasbourg : un lieu qui offre à chacun la liberté de concrétiser une idée pour la proposer aux autres, en abolissant tous les freins et en toute autonomie. Un lieu qui ne nous oblige pas à débourser de l’argent que nous n’avons pas, ni à demander au « public » de « participer aux frais de location de la salle ». Un lieu assez central pour que toute la ville y ait accès. Un lieu pas trop grand mais suffisamment accueillant pour recevoir du monde. Un lieu ouvert surtout à ceux qui n’ont plus nulle part où aller. Un lieu un peu comme une maison...

C’est pour être ce lieu, Maison Mimir, que tu as décidé d’occuper cette bâtisse que la « collectivité » avait fait murer, sans honte, faute de savoir à quelle case « l’affecter ». Projet « social » ou « culturel » ? Ça tu t’en fiches. Toi, tu préfères ouvrir grande ta porte à tous ceux qui n’ont pas le droit de cité dans notre société. Qu’ils aient besoin d’un toit, d’un endroit pour jouer de la musique ou proposer des cours de couture, ou juste besoin de parler avec leurs semblables. Tu fais le pari qu’à nous accueillir chacun comme des humains en entier, nous pourrons nous rencontrer et inventer des solidarités.

Et dans ce domaine, il est une chose qui est à la portée de la « collectivité  » : laisser vivre la Maison Mimir, lui donner sa chance.

La CREP
Collectif de Réappropriation de l’Espace Public

Verdit du tribunal : La justice a tranché. Alors n’hésitez pas à rendre visite à Mimir : le 12 juin à 18 h 30, par exemple, pour rencontrer le Grappe.