
Malgré la crise, nos élus ne sont pas prêts à se ranger des voitures... Le moteur de l’économie capitaliste s’enraye ? Ils relancent l’industrie automobile ! Achetez une voiture, de couleur verte de préférence, mais ne l’utilisez pas trop, car elle réchauffe le climat. Ce paradoxe se traduit, à l’échelle de notre ville, par un silence complice sur le stationnement illégal.
Les caisses mal garées, que ce soit « juste pour deux minutes », sur la piste cyclable devant la boulangerie, ou toute la nuit, sur le trottoir en bas de l’immeuble, gênent voire mettent en danger les habitants qui prétendent encore vivre dans leur quartier. Elles les obligent, pour faire leurs courses à pied ou aller à l’école en trottinette, à se faufiler, à descendre sur la chaussée, au risque de finir en faux-filet... Avec une poussette ou un fauteuil roulant, c’est pire. Alors, marcher côte à côte en papotant, jouer au ballon ou à la pétanque, faut même pas en rêver !
Une place de parking légale attire, chaque jour, une demi-douzaine de voitures. Et un déplacement automobile sur deux est inférieur à trois kilomètres. Il faut donc réduire le stationnement, pour que la rue redevienne un lieu de vie... Si nous commencions par en finir avec le parking sauvage, pour apprendre à nous auto-limiter ?
La civilisation de l’automobile s’auto-alimente : La voiture a permis la construction de supermarchés, qui ont tué le petit commerce ? Elle est désormais obligatoire pour faire ses courses. Elle a rendu dangereux le trajet jusqu’à l’école ? Les parents y conduisent les mômes en bagnole. Elle a fait de nos villes des endroits invivables ? Alors on s’y déplace en auto et on déménage à Truchtersheim. Elle fait peur aux aspirants cyclistes ? Ils mettent le VTT dans le coffre du 4x4 pour aller se promener le long du canal de la Bruche.
Résultat de décennies de politique pro-bagnole, entre centre-ville commercial, dortoirs pavillonnaires, « zones de loisirs » et « zones d’activités », la ville cloisonnée s’étend toujours plus loin : en 20 ans en Europe, la surface urbanisée a augmenté de 56 % alors que la population n’a augmenté que de 20 %. La voiture est devenue indispensable pour aller travailler plus pour pouvoir... payer sa voiture !
Des solutions existent pour sortir de cette spirale : limitation de l’étalement urbain grâce au plan local d’urbanisme ; diminution du trafic routier grâce au plan de déplacements urbains ; apaisement de la circulation grâce au code de la rue ; extension et gratuité des transports publics ; arrêt des projets autoroutiers, comme le GCO, pour faire des trams-trains ; application des 13 propositions pour le vélo de la CREP ; etc. Et bien sûr, lutte contre le stationnement sauvage.
Sur ce sujet, nos élus sont au point mort. Ils peuvent nous lancer, depuis leur voiture de fonction, « allez à pied et pédalez », tant qu’ils ne s’attaquent pas aux chignoles mal garées, c’est mal barré ! Quand embrayeront-ils que l’individualisme néolibéral à quatre roues, dopé à coup de publicité et de pseudo liberté de rouler, nuit à l’intérêt de tous ? Réduisons l’espace des autos pour le donner aux piétons et cyclistes enfermés dans les voitures !


















